Suite de l'histoire
Deuxième volet
Les jeudis après midi d'hiver, nous les passions généralement à la bibliothèque de la mine, qui avait ses quartiers dans l'école des filles.
Mademoiselle l'assistante sociale, et également infirmière, tenait la permanence. Les albums de Tintin et MIlou, Sylain Sylette, et les fameuses aventures de Bob Morane n'avaient plus de
secret pour nous. Pour la somme de 20 centimes de l'époque nous repartions avec nos livres pour la semaine. Le dimanche après midi, un cinéma tournait à la salle des fêtes, et j'y ai vu les
classiques des grands westerns de l'époque, et de merveilleux films d'aventure. Lorsqu'il m'arrive de repasser devant cet endroit, des tonnes de souvenirs me reviennent en mémoire. Les
spectacles de Noël, où le grand bonhomme rouge nous apportait les cadeaux, que la direction de la mine, voulait bien nous offrir en ce jour de fête.Beaucoup d'enfants savaient que le père Noël
habitait toute l'année rue de Champsecret. Mais chut! personne n'osait trop en parler. Bien des années plus tard, lorsque le cinéma a fermé ses portes, un homme bien intentionné à une la
fabuleuse idée de transformer cet endroit en sorte de guinguette du dimanche après midi. La salle était divisée en deux parties, l'une réservée à la danse et l'autre au jeux; Deux tables de ping
pong , un billard et un baby foot faisaient notre bonheur. Grand merci encore à cette personne.
Les vacances, on les passait généralement au Gué Plat. Avec deux francs de l'époque on achetait le précieux sésame, qui nous donnait
droit d'entrée à la piscine et aux jeux. Dès quinze heures, les portes à peine ouvertes, c'était à qui serait dans l'eau le premier. Le responsable de piscine, qui ne possédait d'ailleurs aucun
brevet de surveillant de baignade, usait souvent de son sifflet pour nous rappeler les règles. Beaucoup d'entre nous ont appris à nager en ce lieu. A peine sortis de l'eau nous nous retrouvions
sur l'aire de jeu :balançoires, tourniquets, terrains de boules et de volley ball nous occupaient jusqu'à l'heure de fermeture. Certains jours, un personnage important pour nous, s'installait
près de l'entrée de la piscine: le marchand de glaces. Il venait de Flers sur un triporteur à moteur, sorte de moto avec une cuve sur l'avant, laquelle était divisée en compartiments
renfermant les crèmes glacées. Je me souviens que ce marchand de bonheur portait un nom à consonnance espagnole. Les plus intrépdes, dont quelquefois je faisais partie, traversaient le bois en
passant par la fontaine St Jean, et allions remplir nos chemises de prunes et de poires ceuillis dans le premier champ rencontré. Nous redescendions faire la distribution aux copains restés
aux jeux où sur les bords de la piscine. L'été s'écoulait ainsi et nous n'en demandions pas plus.
Le carrefour de la cantine, dès l'entrée du Gué Plat déservait les rues principales de la cité. C'était là aussi que
s'installait, plusieurs fois par semaine, les commerçants qui descendaient du bourg. On y trouvait, toujours au même emplacement; le charcutier et sa remorque grise, plus loin sous le chêne, le
marchand de primeurs et son tube citroën, de l'autre côté le boucher et sa camionnette rouge, et enfin le marchand de fromages qui lui venait de Domfront.Le carrefour s'animait ainsi pour la
matinée, les femmes de mineurs remontaient les rues, leurs paniers remplis de provisions. La Coop, seul commerce de la cité, ne semblait pas subvenir aux besoins de toutes les familles. Tous
les jours les deux boulangers de la Ferrière faisaient pratiquement du porte à porte pour vendre le pain. A grands coups de klaxons, ils avertissaient de leur présence. J'ai très peu connu le
marché du jeudi qui se tenait en hait de la rue des Marronniers, il me reste néanmoins le souvenir de la boutique à un franc, où pour une pièce on achetait des jouets ou des bibelots que
l'on offrait aux mamans le jour de la fête des mères.
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